Lorsque j’échange avec des responsables IT, j’entends presque toujours la même chose : nous avons suffisamment d’outils de supervision. En réalité, ils en ont même trop. Tableaux de bord, alertes, métriques : tout y est. Pourtant, au moment décisif, une question simple reste sans réponse : qu’est-ce qui est réellement affecté à cet instant et dans quelle mesure la situation est-elle critique ?
C’est précisément cette expérience que nous voulions valider avec l’appui de données fiables. En 2026 USU a donc chargé l’analyste Forrester Consulting de réaliser une étude. 423 décideurs responsables de la stratégie d’IT monitoring de leur entreprise, en Allemagne, en Autriche, en Suisse, en France et aux États-Unis y ont participé. Les résultats pointent ce que les équipes vivent au quotidien et indiquent les tendances de la supervision informatique aujourd’hui. Le bilan de l’étude est disponible sous ce lien.
Commençons par le constat le plus net : 83 % des entreprises interrogées utilisent au moins trois outils de supervision. Au fil des années, elles en ont ajouté un spécifique pour chaque nouvel environnement : cloud, conteneurs, applications, infrastructure. Cet outil apporte rarement plus de clarté, et le plus souvent l’organisation fait face à un paysage fragmenté composé de solutions isolées.
Cette fragmentation a des conséquences. Seules 63 % des organisations jugent leurs outils « efficaces » pour fournir une vue unifiée de l’ensemble des systèmes et des environnements. Autrement dit, plus d’1/3 des organisations ne dispose pas précisément de cette vision de bout en bout. Lors de perturbations critiques, cette lacune compte : 41 % citent la lenteur de la détection des problèmes et de l’analyse des causes racines parmi leurs principaux défis.
Le véritable problème n’est pas la visibilité. C’est la capacité à comprendre les liens entre les différentes données.
Selon moi, c’est le principal enseignement de l’étude : les organisations ne demandent pas davantage de données. Elles exigent une vision qui relie les informations techniques aux services métiers. Lorsqu’on leur demande ce qui les aiderait le plus lors d’incidents critiques ayant un impact sur les services, les répondants citent en premier une cartographie claire des dépendances entre les applications, l’infrastructure et les services tiers (42 %), avant même des métriques plus détaillées.
C’est exactement ce dont les équipes ont besoin : non pas un signal supplémentaire, mais le lien entre le signal, le service et l’impact réel.
De nombreuses équipes considèrent l’observabilité comme la solution face à la multiplication des outils. Elle peut être utile pour des analyses techniques approfondies. Mais pour les opérations IT quotidiennes, une plateforme d’observabilité complète va souvent au-delà des besoins des équipes. Elle est conçue pour des scénarios DevOps basés sur les logs, les métriques. Elle peut en parallèle entraîner une forte complexité, des efforts opérationnels importants et surtout des coûts difficiles à prévoir.
L’étude reflète cette tension : 55 % des répondants déclarent que les modèles de licence basés sur l’usage et le volume rendent les coûts de supervision, difficiles à maîtriser en particulier lorsque l’environnement se développe. Et 56 % se plaignent du fait qu’il faut trop de temps avant que de nouveaux outils de supervision ou d’observabilité soient rentables.
Davantage de fonctionnalités n’apporte pas automatiquement plus de clarté et en plus ça peut aussi créer de nouvelles frictions aussi bien opérationnelles que financières.
Pris entre des solutions trop simples et trop complexes : la nécessité d’une voie médiane
De nombreuses entreprises se retrouvent ainsi entre deux options insatisfaisantes. D’un côté, la supervision traditionnelle : des données de base fiables, mais sans connaissances de l’impact sur les services. De l’autre, une observabilité complète : une grande profondeur technique, mais une exploitation complexe et coûteuse.
Ce dilemme reflète une réalité courante : 34 % des répondants déclarent explicitement se sentir pris entre des outils de monitoring trop simples et des plateformes trop complexes pour les opérations quotidiennes. C’est précisément dans cet espace que travaillent aujourd’hui de nombreuses équipes IT Operations.
C’est là que je vois apparaître une troisième voie : le Multi Cloud Monitoring comme voie médiane pragmatique entre le monitoring traditionnel et l’observabilité. Une approche orientée services plutôt que purement technique, avec de l’Event Intelligence plutôt qu’une surcharge de données et des coûts prévisibles plutôt que des modèles basés sur le volume.
L’étude Forrester montre également ce que les organisations attendent de la prochaine génération de solutions de supervision IT : une résolution plus rapide des problèmes (62 %), une fiabilité accrue des services (60 %) et une réduction des efforts opérationnels grâce à plus d’automatisation (48 %).
Le fil conducteur est clair : s’éloigner des métriques d’infrastructure isolées pour aller vers une vue orientée services, avec une corrélation des événements, une transparence des dépendances et une hiérarchisation claire selon l’impact métier. Il ne s’agit pas d’accumuler de la télémétrie, mais d’obtenir une clarté opérationnelle permettant de prendre des décisions plus rapides et plus sûres.
La supervision IT traditionnelle atteint ses limites. Mais la réponse n’est pas un outil supplémentaire ni davantage de données. Ce n’est pas non plus automatiquement une plateforme d’observabilité complète, souvent trop complexe et trop coûteuse. La réponse, c’est l’approche : une vue centrale qui corrèle les événements, rend les dépendances visibles et se concentre sur ce qui affecte réellement les opérations. C’est précisément cette voie médiane que nous suivons chez USU avec le Multi Cloud Monitoring : une approche orientée services, avec de l’Event Intelligence et des coûts prévisibles.
Vous pouvez également découvrir notre analyse des résultats de l’étude dans notre communiqué de presse « L’avenir du monitoring IT : du chaos des outils à la Service Intelligence ».
Télécharger gratuitement le bilan de l’étude
À propos de l’auteur : Frank Laschet fait partie de l’équipe marketing d’USU depuis 2022 et occupe le poste de Senior Product & Field Marketing Manager IT Monitoring.